Mais quel est donc ce grand pouvoir,
Dont vous usez, vous là, les femmes,
A nous donner un peu d’espoir,
D’un simple sourire en sésame.
D’un petit mot, ou d’un regard,
Vous allumez là, dans nos yeux,
Des allèchements de soiffard,
Qui pourrait renoncer aux cieux.
Vous nous mettez dans des états,
Aux confins du Colorado,
A nous faire émigrer, recta,
En plein pays despérado.
Dès qu’on vous aime, on est perdu,
A ne plus contrôler nos mains,
A croquer les fruits défendus,
Sans se soucier du lendemain.
Vous faites de nous des toutous
Que vous tenez en bout de laisse,
A nous faire oublier partout,
Même le bruit du tiroir-caisse
Vous vous appropriez nos cœurs,
A la prestesse des déesses,
Nous le faisant à la candeur,
De vos promesses de caresses.
Et quand vous nous avez conquis,
Vous nous passez un gros collier,
Pour bien des deux, nous montrer qui,
De notre amour est le taulier.
Et même si, on sait cela,
A voir notre sort, à l’avance,
Pour un corsage à falbalas,
On est prêt à jouer sa chance.
Mais quel est donc ce grand pouvoir,
Dont vous usez, vous là, les femmes ?
Pour que connaissant bien l’histoire,
On continue, tout feu tout flamme ?
Janvier 2012