On le voit tous venir, là au bout du chemin,
Cet abîme sans fond, où on se précipite,
Pour un présent de merde, où n’est plus de demain
Et où on veut aller, toujours un peu plus vite.
On sait ce qu’il faut faire, on a les solutions,
Pour empêcher la mer de submerger les terres,
Mais on ne bouge pas, frappés d’inanition,
En pensant que le mieux, est juste de se taire.
Et on y va tout droit, au désastre annoncé,
A ces forêts acides, à ces prairies stériles,
A ces rivières en crue, à ces champs délaissés,
A tous ces continents, demain, changés en îles.
Pour une chaine hifi, un four à micro-ondes,
Un frigo, une auto, un téléphone orange,
On est prêt à tuer, la vie de notre monde,
Sans que cela vraiment, personne ne dérange.
Pourtant on sait entendre, un peu partout chez nous
Du climat ses semonces et ses admonitions
Qui mettent déjà là, tant de gens à genoux,
Sans même qu’on se pose, un jour quelques questions.
En prévenant Noé, Dieu l’avait fait ainsi,
De lui laisser le temps, de construire son arche,
Nous avec notre ego, comme unique souci,
On n’a même pas vu, du ciel cette démarche.
Alors vivons heureux nos tous derniers printemps
Et moquons nous de ceux, qu’on traite de Cassandre,
Disant à nos enfants qu’ils ont toujours le temps,
Quand l’eau, demain matin risque de les surprendre
Avec leur iPhone 6, leur écran plat 3d,
Leurs home cinéma et leurs 4x4 branchés,
De leurs aïeux trop cons, d’avoir tout dévidé,
Ils pourront les maudire, avant de calancher,
Les traitant de Ducon, du haut de l’Hélicon …
Novembre 2014