Je cherche dans la pomme où se nourrit le vers,
Tant je sais des poètes, en regardant leur vie,
Qu’ils n’ont eu de talent, qu’à survivre à l’envers,
En rimant tous leurs jours, aux lois de leurs envies.
Je voudrais bien alors, de Verlaine ou Rimbaud,
Trouver au cabaret le vert de Charleroi,
Ou avec une chatte, oser d’ivre bateau
Trouver dans le délice un faux parfum de lois.
Mais les mots qui me viennent en cette page blanche,
Eclairent de leurs sens mes interrogations,
Avant de me remettre en constante revanche,
Dans le vague et le flou de mes aberrations
Je n’aurai donc d’Hugo et pas plus d’Eluard,
Ni leurs allégories, ni leurs sonorités
Et je ne saurai pas, de ce qui est leur art,
Aux courbes de leurs yeux suivre leur voie lactée,
Mais j’ai de leur exemple, un soupçon de leurs doutes,
Une once de leur ombre, un rien de leur obscur;
Et même si demain, me fourvoyant de route,
Je mets dans mes quatrains, qu’un peu de leur mesure,
J’aurai mis du bonheur dans ma bévue de l’heure !
Décembre 2012