J’ai déversé tant d’encre aux lignes des cahiers
Et décrit tant de fois les roses et leurs rosiers,
Que je ne sais plus trop, si je suis bien poète,
Ou si des beaux jardins, je ne suis que l’esthète
J’ai écrit tant de vers sur la mort et ses vers
Et sur le temps qui passe, au bout de l’univers,
Que je crois bien parfois, que de tous ces poèmes,
Je n’ai mis que des nombres aux lignes d’un barème.
J’ai parlé de mon cœur, tel le fait un docteur
Et dit des sentiments comme quelqu’un qui ment,
Osant jusqu’à l’amour l’énoncer sans hauteur.
Et j’ai là l’infamie d’appeler poésie,
Ce qui n’est que couleur jetée habilement,
Pour voir de belles fleurs où n’est que tanaisie !
décembre 2012