Sur les escaliers du métro,
Au coin des rues, sur les trottoirs,
Se voit partout le désespoir,
Du pas assez et de son trop.
Se propage là, la misère,
S’efface toute dignité,
Disparait même la fierté,
S’enfuit le rêve et ses chimères.
Deux baluchons de souvenirs,
Un coup de rouge en somnifère,
Plus d’ambition, en avenir,
De cet enfer, de s’en défaire.
Et ces regards compatissants,
Moitié peur et moitié dégoût,
A vous faire abhorrer ces sans,
Qui vous ont conduit aux égouts.
Au toboggan du grand néant,
Sans bien, sans rien, sans lien, sans tiens,
N’est plus au bout qu’un trou béant,
Où la survie joue le gardien.
Dans les couloirs, sur les trottoirs,
L’hiver arrivant, à grands pas,
Peint leurs journées au gris du soir,
Les faisant de la nuit, l’appât,
Quand ils n’ont faim, que de leur fin !
novembre 2012