Je n’ai pas vu couler les grains du sablier,
Il y en avait tant, au moins pour cent dix ans,
Que même par moment, je les ai oubliés ;
Il me semblait si loin, l’autre pan du versant.
J’ai remis à demain, tous mes plus beaux matins,
Pour de simples envies ou de petits cadeaux,
Laissant là le soleil prendre en mains mon destin,
Pour me donner le cap, qui n’est là qu’aux radeaux.
Et maintenant que j’ai, mon sable tout passé,
Que de l’autre côté, je vois enfin le ciel,
Je sais que tous ces grains, ce n’est jamais assez !
Je suis plein de regrets, de n’avoir pas plus fait,
D’avoir perdu mon temps au mode existentiel,
Alors que tous nos jours se règlent au forfait,
Et qu’il faut bien oser, marcher dans la rosée !
novembre 2012