Aux ailes de ce monde et ses moulins sans fin,
A ces océans mares et leur métamorphose,
A ces pays d’ailleurs, plus jamais aux confins,
Nous parlons à « l’an vers », quand tout se dit en prose !
A nos couleurs d’hier, nous avons si déteint
Que même l’arc en ciel, chez nous se voit en gris,
Tant s’ajoutent les couches à tout ce que l’on peint,
Au point que de partout, de nous là-bas on rit.
Nous adorons des dieux de messes de jadis,
Sans voir que leurs églises ont perdu leur crédo,
Nous allons de l’avant, au bord du précipice,
Ne sentant pas le vent souffler dans notre dos.
Et quand un agité, à grands coups d’SOS
Essaye d’arrêter cette chute annoncée,
On crie à l’anormal, succombant à l’ivresse,
D’un vrai faux changement aux accents du passé.
Il est pourtant venu, ce temps de la réforme,
Si nous ne voulons pas parquer notre jeunesse
Aux réserves d’indiens, d’un temps hors de la norme,
A voir passer les trains du quai de leur détresse.
Nous qui avons su hier, danser la Carmagnole,
Donner du droit à l’homme et crier liberté,
Faudrait-il dès demain qu’aux chants de rossignoles,
On perde de l’été, tout ce qu’on a été !
En repoussant l’effort, aux temps des châteaux forts,
En montrant le travail, comme un épouvantail,
On a mis le pays, en princesse qui dort,
Cloitrée dans un donjon, aux épaisses murailles.
Gageons qu’un jour prochain, quelque prince charmant,
Réveille l’endormie, de projets de fourmis
Et qu’on cesse de croire, à ce rêve dément,
Qu’on peut faire du pain, sans en pétrir la mie.
On sait tous qu’on nous ment, ignominieusement !
Août 2012