Ils regardaient tomber la pluie,
En pleurnichant aux temps d’avant,
En accusant même le vent,
De faire tomber tous les fruits.
La pomme était toute pourrie,
Pas mure errait la mirabelle,
Il n’y avait plus de brimbelles
Et la pêche poussait flétrie.
Ils se disaient même maudits,
Quand dans les vergers d’à côté,
Grouillaient kiwis et baies d’été,
Sans que jamais, mot ne fut dit.
Ils ne comprenaient pas pourquoi,
Après tant de belles saisons,
Leurs arbres là, sans vraie raison,
Choisissaient de demeurer cois.
Bien sûr, plus ils se lamentaient,
En s’agitant, mains sur les hanches,
Plus on voyait là, sur les branches,
Plein de bourgeons qui avortaient.
Et pas un ne se demandait,
S’il existait quelqu’ antidote
Pour éviter de voir la note,
Aux pinacles qui paradait,
Il en est ainsi des nantis,
Qui ne prévoyant pas l’orage,
N’ont d’autre voie que le voyage,
Quand le tonnerre retentit.
Alors, pleurez sur votre sort,
Revendiquez, flagellez-vous
En attendant au garde à vous,
Qu’on publie l’énième rapport.
Le bel hiver qui nous attend
Et qui décimera les ouches,
Nous mettant l’amer à la bouche,
Chez nous, sévit depuis longtemps,
De quoi aligner les derniers
Sur les illusions des premiers !
août 2012