Automne que peux-tu, pour empêcher l’hiver
D’arriver jusqu’à moi ? Même en peignant mes jours
A l’été de l’indien, tu embrumes mes vers
De la mélancolie d’une fin de séjour.
Je sais bien qu’après toi, accoure la froidure
Et sa lumière blême aux heures sans éclat ;
J’ai vu autour de moi, l’état de la bordure
Qui cerne la lueur, des nuits du Walhalla.
En regardant tomber des tas de feuilles mortes,
Je verrai s’envoler mes idées et mes ailes
Pendant que là mes mains deviendront toutes tortes ;
Et je n’écrirai plus ayant perdu le fil
Sur lequel se fixaient mes jolies hirondelles
Avant de s’envoler tout là-bas vers les iles ;
Je n’aurai plus pour moi que quelques ombres vagues
Me rappelant l’été et ces jours de printemps,
Où ma plume piquait comme une longue dague,
Automne ralentit ! Ne joue plus que l’andante,
Mets au mode adagio, l’harmonie de ton temps
Et laisse-moi encore une muse en amante,
Qu’enfin je jette l’ancre à la fin de mon encre !
juillet 2012