Même l’été a une fin,
Tout se termine, un jour ou l’autre ;
Cendre ou poussière de coffin,
N’y feront rien nos patenôtres !
Même au plus profond de la mort,
S’achève un jour la grande éclipse,
Afin qu’on juge nos remords,
Aux sabots de l’apocalypse.
Alors exiger de l’amour,
Qu’il se conjugue à l’éternel,
N’est-ce pas jouer un bon tour,
A ceux qui croient au père Noël.
Tout est dit dans le sentiment
Au tout début, avec senti
Et juste après où on se ment
Quand notre envie, elle est partie !
L’amour est un bail éphémère
Qui vit au rythme des marées,
Vous faisant entendre l’amer,
Dès tout son sel évaporé.
N’est pas plus morne que la mer,
Ce même décor qui défile ;
N’est que plaisir à ce cri : « terre ! »
Qui annonce une nouvelle ile.
C’est pour ça que les matelots
Ne se font pas aux bruits des bagues,
Ils ont bien compris que sur l’eau,
Tout disparait aux flux des vagues.
Alors comme eux, dans chaque port,
Je n’écris plus que des préfaces,
Toujours prêt à virer de bord,
En mouillant l’encre qui s'efface .
mars 2013