Comme l’herbe qui pousse, au milieu du béton,
Trouvant sa nourriture, au creux de ses fissures,
Au gré des hérésies et de leurs meurtrissures,
La poésie s’invite, aux pierres des frontons.
Elle sait être fleur, au sein de beaux jardins,
Faisant sourire aux larmes, en bouquet d’émotion,
Quand à travers le vers, où se lit la passion,
Elle a l’odeur du soir, des champs de lavandin.
Mais elle sait aussi, au pays délétère,
Etre prairie d’orties, ou graine de chardon,
Sachant, de par ses mots, aller à l’abandon,
En exhumant le mal qu’on aurait voulu taire.
Ne soyez pas surpris, si un jour vos ravins,
Se comblent de poèmes aux rimes assassines.
Trouvez dans vos tracas, le cas de leurs racines,
Les verbes n’ont de temps qui se conjuguent en vain.
Et si l’autre matin, là sur votre chemin
Revêtu d’enrobé, germent des pissenlits,
Regardez bien sur vous ce qu’on dit et qu’on lit,
Car c’est dans le passé, qu’on ponctue ses deux mains !
La poésie s’écrit, là où s’entend le cri !
juillet 2012