Je me complais dans l’identique,
Dans le pareil et dans le même,
Quand le tempo de la musique,
Se joue toujours comme je l’aime.
Je n’apprécie pas le nouveau,
Le différent, le changement,
Je me conduis comme ces veaux,
Pour qui bouger est désarmant.
Mes habitudes me rassurent,
Je ne connais qu’un seul chemin,
Toutes les nouvelles mesures,
Mettent ma tête dans le carmin.
Pourquoi vouloir changer de pli,
Aux règles vouloir déroger
Quand on est un homme accompli,
Qu’est ce qui nous force à bouger ?
Je vénère tous les usages
Et apprécie les traditions,
Je sais que c’est dans le voyage,
Que se cultive l’affliction.
Je hais l’idée de la réforme,
Niant même l’évolution,
Je ne veux pas que l’on déforme
Ce qui pour moi, fait mon bastion.
Pour moi toute palinodie,
N’équivaut qu’à tourner sa veste,
C’est vrai que tout ce que je dis,
Jamais plus je ne le conteste.
Je me targue d’être normal,
D’avoir en horreur l’activisme,
Le moindre à-coup me fait trop mal,
Tant je suis pour l’immobilisme.
Et si demain de dinosaure
Je dois redevenir oiseau,
Que ne m’en veuille pas le sort
Si mon cœur s’en va à vau- l’eau,
Je suis français et ça se sait !
août 2012