(À mon amie de Tunisie)
De jour, ils ont tant de besoin,
Que pour un trait de clair-obscur
Et sans bien aller voir plus loin,
Ils crurent aux feux de la gageüre.
Conte d’enfants, pas assez grands,
Pour résister aux friandises,
Ils ont, les clés, de l’amer-grand
Donné aux loups, et leurs chemises.
Manquant de tout, privés d’amour,
Pris dans les us et les usages,
Ils n’ont aujourd’hui que l’humour,
Pour rêver à ce beau voyage.
Et là au café du matin,
Où de promesses de croissants,
Le pain n’est plus que chicotin,
Les reflets s’en vont décroissants.
Vous qui avez tant apporté
Aux arts et à la poésie,
Avant qu’on vous fasse adopter,
D’hérissés, Les glossolalies,
Inventions d’hommes en mal de zèle
Déçus, en manque d’ambition
A l’avenir ,coupant les ailes
Pour conserver leur condition.
Osant parler au nom de Dieu
Pour être rois, mais sans mandat,
Ne cherchant à vous rendre pieux,
Que pour l’œil sur votre agenda.
Demandez-vous un peu pourquoi,
Ils ont fait dire à votre Dieu,
Qu’il n’existait que cette loi
Pour ne pas vous ouvrir les yeux.
Pour changer seulement de chaines,
Dieu, lui dans ce printemps pluvieux,
Voyant vos aspirations vaines,
A dû trouver cela odieux !
A moins qu’il ne teste vos restes,
Ceux d’avant là le grand déclin,
Aux temps où chacun de vos gestes,
Vous montraient du bien, si enclins,
Avant ce vent si décevant !
août 2012