J’ai déjà tant écrit sur tout,
Que mes mots ne font plus qu’écho,
Qu’à tout ce que j’ai dit partout,
A en devenir un jaco.
Mes vers se revoient dans le verre
Du miroir de ma poésie,
Qui à l’endroit, ou à l’envers,
Semblent montrer mon amnésie.
Je remets sans cesse des couches,
Sur des sujets, toujours les mêmes,
N’utilisant que quatre touches,
Pour les gammes de mes poèmes.
Et toutes mes allégories
Sentent si fort le réchauffé,
Qu’on les pense faites en série,
Pour raconter les mêmes faits.
Je suis le roi de l’anaphore,
De la redite et l’épistrophe,
Qui fait que d’une métaphore,
Je construis des milliers de strophes.
J’essaye aussi de me plagier,
A rabâcher tous mes sujets,
Essayant de privilégier,
Le nombre plutôt que l’objet.
Je remets, sans foi, mon ouvrage,
Sur le métier de ma folie,
Sans bien voir que ce surdosage,
Ne mène qu’à l’écholalie.
Je suis conscient que je vous rase,
Avec mes vielles épanodes
Et toutes mes antanaclases,
Issues des mêmes épisodes.
Je comprends bien que ça vous use,
D’entendre toujours ces refrains,
Je vais donc voir avec ma muse,
Comment vite y mettre le frein …
mars2014