Parodie (sans son talent ) du célèbre poème de Paul Eluard
Dans les campagnes et dans les bois,
Dans les prairies et sur les monts,
Chez les manants et chez les rois,
Je sais ton nom !
Dans les villes et dans les villages,
Dans les rivières et sous les ponts,
Chez les personnes de tous âges,
Je sais ton nom !
Dans les cafés, les ateliers,
Chez les anges et chez les démons,
Dans les étages et l’escalier,
Je sais ton nom !
Dans les bureaux, les magasins,
Sous les enseignes de renom,
Chez nos parents, chez nos voisins,
Je sais ton nom !
A l’église et à la mosquée,
A l’Elysée, au Panthéon,
Dans les ports et sur tous leurs quais,
Je sais ton nom !
Dans les journaux, les magazines,
Dans les soirées et les salons,
Dans les écoles et les usines,
Je sais ton nom !
Chez les édiles et les curés,
Dans les bus et dans les avions,
Sur le moment et la durée,
Je sais ton nom !
Chez les pauvres et chez les nantis,
Chez les savants et chez les cons,
Dans les cercles et dans les partis,
Je sais ton nom !
Chez les petits et chez les grands,
Chez les cadres et les compagnons,
Chez les clients et les marchands
Je sais ton nom !
Chez les faibles et chez les puissants,
Chez les humbles et chez les barons,
Chez ceux avec, et puis ceux sans,
Je sais ton nom !
Chez ceux qu’on fait vivre à genoux,
Dans le métro dans des cartons,
Ceux pour qui rien ne se dénoue,
Je sais ton nom !
Pour ceux qui ont perdu leur âme,
Dans des tas de compromissions,
Ceux qui ne méritent que blâme,
Je sais ton nom !
Au cinéma, à la télé,
Chez ceux qui sont plein d’illusions,
Ceux qui se plaisent dans le laid,
Je sais ton nom !
Chez les élus du grand pouvoir,
Ceux de la mystification,
À ne courir qu’après l’avoir,
Je sais ton nom !
Chez tous ces intellectuels,
Où le savoir n’est qu’ambition,
À l’efficience virtuelle,
Je sais ton nom !
A ces faux culs de puritains,
Prônant partout la dévotion
Et se comportant en putain,
Je sais ton nom !
A tous ces faux ayatollahs,
Cachés dessous la perfection,
Quand tout ça n’est que vrai blabla,
Je sais ton nom !
A ces corbeilles et ces banquiers,
Qui à coups de spéculation
Ont mis le monde au mode inquiet
Je sais ton nom !
Aux jeux de ces pisse-copies,
Confondant crayon et canon,
Qui fouillent sous tous les tapis,
Je sais ton nom !
Mais là je te le laisse écrire,
Tant rien à son évocation,
Je n’envisage que le pire…
Crie donc ce nom !
décembre 2012