J’aime le mot, mais je le crains,
Je me méfie, car son écrin
En change même sa couleur,
Allant de l’amour aux douleurs.
Beau papillon ou chrysalide,
Jardin béni ou terre aride,
Fleur et soleil, pour le bonheur,
Mort et danger pour le malheur.
Mister Hyde et docteur Jekyll,
Tantôt violent, souvent tranquille,
Jouant de la métamorphose,
Se faisant l’écho d’autre chose !
Le mot n’est rien sans sa musique,
Pas même une question orphique,
Juste un panneau indicateur,
A qui il faut demander l’heure.
J’ai tant vu certains d’entre nous
Faire mettre l’homme à genoux
A tous petits coups d’épigramme
En lui disant où va son âme.
J’ai entendu tant d’invectives,
Parties très vite à la dérive,
Que je ne crois plus au chromo
Qu’on nous impose avec des mots.
Et si demain, dans tes prières,
De tes concetti d’avant-hier,
Tu as envie de m’abuser,
Oublie les mots bien trop usés,
L’heur a, ce jour, d’autres valeurs !
décembre 2012