Tu as depuis longtemps, repoussé le tiroir,
Où tu rangeais si bien, tes souvenirs d’amour,
Tant tu as peur de voir, ton corps dans le miroir,
Tes rides au coin des yeux et ce qui va autour.
Sous des fards de couleurs, tu camoufles le temps,
Croyant revoir les heures, où même le matin,
Ta peau opalescente, aux senteurs du printemps,
De bourgeons et de fleurs, déjà prenait le tain.
Dans de l’étoffe sombre, aux formes opulentes,
Tu voiles tes rondeurs, en gommant de tes seins,
Ce qui jadis, pourtant, te rendait si tentante
Et qui aurait damné, de l’empyrée ses saints ;
Même le blond des blés, liserant ton visage,
A pris le bariolis, qu’on voit en fin d’été,
Empêchant tout esprit, de partir en voyage,
Tant il n’est plus de gare où il peut s’arrêter.
Et sous le haha noir dissimulant tes yeux,
Tu regardes la vie aux concerts du passé,
Cherchant du réconfort, en implorant les cieux,
Croyant que de l’amour tu en as eu assez ;
Même quand un dandy, du siècle d’avant-hier,
Veut te faire oublier le poids de ces années,
Tu n’oses même plus, allumer la lumière,
De peur que tout ton cœur se mette à fissionner,
Et que cette explosion, ne soit qu’une illusion,
Tant tous tes sentiments, qu’à tes petits enfants,
Devenus de ta vie ton unique obsession,
N’aient plus besoin de rien, hormis d’un plaid chauffant,
Pour déglacer ton cœur, dans l’espoir du bonheur.
Tu n’as toujours pas l’âge où on tourne la page,
N’est pas encore l’heure au néant des langueurs
Où simplement de rage, on statue d’être sage,
Tu as là dans ta tête encore un air de fête
Et même sans dentelle, on peut être bien belle !
mai 2014