J’écris dans une ville, envahie par la mort
Qui rôde dans le ciel, comme des gypaètes
Que le vent fait planer, en nuées de claymores
Au tranchant infecté d’un univers d’ascètes....
Une ville en sursit, au bord de l’asphyxie,
Où le beau temps devient, aux lueurs du soleil,
Un procureur dément, d’une autre galaxie,
Voulant guider la terre à son dernier sommeil.
Une ville engluée dans des vapeurs jaunâtres
De soufre, de carbone et d’envol de poussier,
Insufflé par chacun, de son instinct parâtre,
Oubliant pour demain, ce qui vraiment lui sied.
J’écris dans cette ville, sans aucun lendemain,
Où on confisque l’air, sans même en avoir l’air,
Pour le peindre aux relents des jeux de l’inhumain,
Sans voir du résultat, ses affreux corollaires.
J’écris dans cette ville, alors que ses édiles,
Par manque de courage et d’absence de tout,
Ne voient, pour leurs mandats, rien que du mercantile,
Condamnant ce sujet en le classant tabou.
J’écris dans ce mouroir, horrible et assassin,
Où étouffent les vieux, les enfants et les femmes
Et où, pas un de nous, voyant bien le dessin,
N’ose monter au front, pour dénoncer l’infâme.
Je crie dans le désert, à ce danger du sable
Qui s’insinue partout, remplissant les poumons,
Plongeant notre futur, au cours inévitable,
D’une issue sans recours que mènent nos démons.
Je crie sur tous les toits, qu’il faut qu’on se réveille,
Qu’on peut toujours changer ce bien triste destin,
Que de la fin du monde, on n’est pas à la veille,
Si on sait vite hisser, là-haut le tourmentin.
Mais ça ne sera pas, avec de simples mots
Et des demi-mesures aux sons du baratin,
Qu’on pourra endiguer les dégâts de ces maux
Et retrouver à l’air, des parfums abiétins.
Mars 2014