Je n’ai plus pour cette nation,
Que vue de vers à moitié vides,
Que rimes pauvres sans passion
Et rage et désespoir de Cid.
Tout n’est aujourd’hui que césure,
Diérèse et anacoluthe,
Projetés au vent sans mesure,
Sur des sonorités de flute.
On nous fait marcher au distique,
N’usant que de l’enjambement,
A la conscience poétique,
D’un zeugme qui partout nous ment.
A coups de trope et de litote,
On nous fait croire à quelque stance,
Quand ce n’est là, que pour le vote,
Qu’on use trop de l’assonance.
On abuse de l’asyndète,
En nous racontant que des fables,
Pendant que c’est vrai, notre dette,
Qu’en anaphore est ineffable.
Je finirai ce madrigal,
Simplement sur l’antonomase,
De ce président si normal,
En évoquant : le temps du nase !
Décembre 2013