Ici, tout bouge tout le temps,
Même le grand désert avance,
Ne prenant jamais de vacances,
Sans s’arrêter,rien qu’un instant!
Il construit ses châteaux de sable,
Sans fondation et sans permis,
Aussi vite qu’un tsunami,
Marchant, roulant, infatigable.
Il peint de pierre tout notre vert,
Il couvre notre bonne terre,
Nous obligeant même à nous taire,
Pour n’être pas vu de travers.
Il modifie le paysage,
Pétrifiant nos lacs en sebkha,
Changeant les sapins en yuccas,
Ne nous laissant que le voyage.
Chaque jour il gagne un peu plus,
Nous enlevant notre culture,
Nous imposant sa quadrature,
Nous enfermant dans son hiatus.
Chaque matin et chaque soir,
Il nous défeuille nos aigrins,
De trop de vent et de ses grains,
Nous forçant à nous émouvoir.
Et on se dit qu’on n’y peut rien,
Que l’arrêter serait cruel,
Que c’est le lot perpétuel,
Opposant le mal et le bien !
avril 2013