Je ne crois plus les mots, je me méfie des cris,
Je suis devenu sourd à tous les éditos,
Je doute également des verbes qu’on écrit,
A même penser faux, les dons des ex-voto.
Les poètes m’effrayent avec leurs métaphores,
Les écrivains aussi, tant tout n’est que roman,
Quant à nos bobardiers et leurs bruits pyrophores,
Ils nous mentent si mal qu’on dirait des amants.
J’en suis même arrivé, à mon gros dictionnaire,
A craindre que ses pages, abusant nos candeurs,
Corrompent nos cerveaux de vues subliminaires.
Et quand on sait ce jour que même les photos,
Aux jeux des logiciels, peuvent nous tromper d’heure,
On finit par ne voir plus qu’en mezzo-tinto,
Tant ce trop de guano nous rendrait parano …
octobre 2013