Je lègue à mes enfants, au déclin de mon temps,
Tout un paquet de dettes et une poudrière,
Le futur incertain de mes idées d’hier
Et ma stérilité à jauger l’important.
Je transmets à nos fils, une terre pillée,
Un sous-sol ravagé, des océans vidés,
Des forêts dévastées, des valeurs dégradées,
De l’air bien raréfié, dans un ciel tout troué.
Je laisse à mes petits, un infâme système,
Où vingt pour cent ont tout et le reste n’a rien,
Un ordre, en plein désordre, où le mal vaut le bien
Et où on ne sait plus dire à l’autre, je t’aime.
A tous mes descendants, je cède ma nescience,
Mon bien triste égotisme et mon sens de Bohème,
L’utopie de ma vue au statut de poème
Et le laisser-aller, marquant mon inconscience.
Et si demain matin, dans un bel éclair blanc,
Vous vous voyez contraints de refaire le monde,
N’ayez pas de scrupule à profaner ma tombe,
Je suis de cette époque où on a fait semblant
De croire que la terre avait juste à se taire ;
Je ne mérite pas, même après mon trépas,
Sur elle de garder la trace de mes pas
Et de mon souvenir en rester locataire,
Je suis de ces conards auteurs du traquenard …
avril 2014