A force de ne pas l’entendre,
Ni de le voir, ni le sentir
De n’avoir jamais de mots tendres,
Ni de grands bras où se blottir,
A l’écouter que sermonner,
Nous menacer des feux d’enfer
Et qu’au ciel, à vouloir trôner,
En grondant qu’il va tout défaire,
Nous qui l’avions bien inventé,
Pour nous désigner une étoile,
On a fini par se l’ôter
Et de tirer dessus le voile.
Alors depuis que Dieu est mort,
Qu’on a effacé l’horizon,
A coups d’éponge et d’oxymore,
Avons-nous eu d’autres oraisons ?
Avons-nous, perdu nos repères,
Séché la mer, trouvé le vide ?
Avions-nous besoin de ce père,
Pour nous servir ainsi de guide ?
Et si demain, quelques moroses,
Pour justifier de leurs souillures,
Croient qu’il ne fallait pas qu’on ose,
Qu’ils restent avec leurs éraillures,
Dieu n’est qu’un prétexte à la haine,
Un subterfuge à dominer
Et à emprisonner de chaines,
Ceux ne voulant pas s’incliner
C’est sans doute sans ce fardeau,
Que se reconstruiront les hommes,
En rallumant tous les fanaux,
Qu’il éteignait de son syndrome …
avril 2014