Qui n’aurait plus aucun plaisir,
A n’avoir là aucune envie,
A rejeter tous ses désirs,
Sans comprendre ce qu’est la vie,
Qui n’aimerait ni la musique,
Ni la peinture et ni le vent,
Ni les saisons et leur logique,
Ni tous ses souvenirs d’avant ;
Qui n’aurait plus de compassion
Pour ceux qui souffrent et ceux qui meurent,
Ayant remisé sa passion
Dans le grenier de sa demeure ;
Qui ne voudrait plus de couleur
Dans le jardin de sa maison,
Peignant en gris toutes ses heures,
Convaincu qu’il a bien raison ;
Qui ne verrait dans l’habitude,
A n’emprunter qu’un seul chemin,
La preuve de ses certitudes,
Que hier est pareil à demain !
Qui manquerait tant de bon sens,
A mépriser tous ses voisins,
En allant jusqu’à l’indécence,
De trouver tout affect bien vain ;
Qui oublierait l’humilité,
Au point d’être devant l’erreur,
Des serpents de la vanité
Le plus abject de leurs charmeurs ;
Qui ne saurait plus à ses rêves
Donner la chance et l’euphorie,
Pour que comme a pu le faire Eve,
On continue les conneries !
Qui ne boirait jamais les vers
Que nous écrivent les félibres,
Ne voyant pas dans ces envers
Un des moyens pour être libre ;
Qui ne comprendrait plus l’amour
Rejetant ses pleurs et ses coups,
Au point de n’avoir plus d’humour
Quand on vous présente les coûts.
Qui n’aurait plus vraiment cela
N’aurait qu’à se laisser mourir,
Car il n’y a dans l’au-delà
Pas tous ces bonheurs à offrir !
mai 2012