Moi, je serai l’amant de la vraie poésie,
De donnerai aux vers leur raison d’exister
Moi je mettrai des roses aux canons des fusils
Imposant Aragon dans toutes les cités ;
Moi je condamnerai, ces rimes bien trop riches
Préférant les vers libres aux harmonies liées ;
Moi je rédigerai de sublimes acrostiches
Montrant des sentiments qu’on ne peut oublier ;
Moi j’écrirai des mots qui parleront de fleurs,
De sources et de forêts où chantent les oiseaux :
Moi j’essuierai vos yeux des larmes de vos pleurs
Et de votre chagrin, je ferai des rondeaux,
Moi j’écrirai vos noms dans l’écorce des arbres
Pour qu’on n’efface pas mes promesses d’un soir ;
Moi je graverai là, dans des dalles de marbre
De beaux alexandrins aux messages d’espoir ;
Moi je ferai l’amour avec toutes les muses,
En comptant tous les pieds jusqu’en haut des alpages ;
Moi je ferai le jour, des actes qui amusent,
Vous mettant tout le temps sur de bien beaux nuages ;
Moi j’éteindrai vos nuits des doutes et des rancœurs,
Pour mieux les éclairer aux lampes des étoiles ;
Moi je peindrai vos vies aux émotions du cœur,
Cachant vos espérances à l’ombre de mes voiles ;
Moi je ferai le temps, alternant les saisons,
Faisant tomber la neige au milieu de l’été,
Moi je peindrai en rose, au moins vos oraisons
Pour donner aux prières ce qu’elles ont été,
Moi je changerai l’eau en un superbe vin,
A votre convenance, rouge rosé ou blanc ;
Moi je marche sur l’eau, je multiplie les pains,
Je guéri les infirmes et ceux qui font semblant.
Et si de ces bobards, vous avez cru un mot,
Si par ce beau miroir vous êtes attirés,
Ne venez pas vous plaindre au temps des prochains maux,
Vous pourrez dans cinq ans, moi aussi me virer !
Entre temps vous saurez combien ça a coûté !
mai 2012