Mon regard d'aujourd'hui, sur mes songes d'hier,
écrit des épitaphes aux frontons lézardés
des espoirs disparus, de mauvaises prières
et de parties perdues, à coups d'aberrants dès.
Qu'êtes vous devenus, toutes mes illusions,
mes sommets de montagnes , aux edelweiss blanches,
mes ambitions de ciel , mes grandes évasions,
qui de tous ces avions , m'en promettaient le manche?
Où donc vous cachez vous, mes rêves de jadis?
Où êtes vous partis ? Pourquoi avez vous dû,
des acmés de l'Eden, jeter au précipice,
tous leurs reflets dorés , en paradis perdus?
Mes yeux d'un demi siècle, au bleu trop délavé,
sous des scories de cendres, observent le néant
de mes chapelles mortes, à jamais emblavées
de pernicieux revers d'éternels suppléants.
Et c'est plein d'amertume, aux lignes de ces vers,
à la vue de ce rien, que fut mon grand destin,
que je voudrais parfois , repartir à l'envers,
sans avoir à parer , toujours le tourmentin.
Mais quand d'un peu partout , aux actifs du bilan,
je rapproche mes jours , de ceux de beaucoup d'autres,
je vois de mes nuages, à mon vieux cerveau lent,
qu'à défaut de ce blé , n'ayant eu , rien qu'épeautre,
j'ai cultivé mon champ , avec tant de bonheur,
que je peux de ce temps , n'en pas craindre les heures,
Nos voies n'étant jamais , que de beaux soirs de mai ...
mars 2014