Les ans ont mis leurs bulldozers,
Sur le chantier de mon visage,
Défonçant là son paysage,
Pour le transformer en désert.
Mon front s’est couvert de tranchées,
Tant de sillons s’y sont creusés
Et mes pommettes cyanosées
Tranchent sur mes joues desséchées.
Mon nez ressemble à ces barkhanes
Des grands ergs du bled algérien
Et pour celles qui ne voient rien,
C’est par égards de courtisanes.
Ma peau ,à l’aspect de gerba,
A ressenti, tant d’Harmattan,
Qu’elle n’a pas eu trop de temps
Pour voir venir tous ses coups bas.
Même ma bouche, en un hassi,
Semble n’avoir plus assez d’eau,
Pour demeurer l’Eldorado,
Que certaines appréciaient ,aussi.
Seuls mes deux yeux, en oasis,
Ont des pierres, gardé leur vert,
Pour qu’on y lise à livre ouvert,
Tel dans un film, son synopsis.
octobre 2012