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Quand les portes du ciel auront sur nos folies,
Refermé leurs ventaux en un sinistre bruit,
Plongeant nos horizons dans l’ombre des ténèbres,
Montera de la terre un triste chant funèbre.
Quand là les fleurs des champs, auront dans nos mémoires
Effacé leurs images, sous un grand manteau gris,
Faisant de nos pays le seuil du purgatoire,
Ne sera plus le temps de répondre à nos si !
Quand le grain de ta peau, jadis plein de douceur,
Se couvrira de clous, de pustules et d’abcès,
Te faisant regretter de connaître cette heure,
Montera à tes yeux l’attrition des excès.
Quand l’air que tu respires, aura connu le pire,
Se chargeant de charbon, de méthane et d’oxyde,
Ravageant tes poumons, au point de les vomir,
Tu te mordras les doigts, d’être si peu lucide.
Quand demain l’eau des sources, à tout jamais taries,
Ne sera plus la vie, en désert convertie
Effaçant dans tes yeux la couleur bleue du bleu,
Tu toiseras, le mieux qu’étaient nos jours heureux.
Quand tes enfants malades aux rayons sans parade,
Ne sauront plus chanter les airs de nos comptines,
Tant ils auront perdu l’instinct des galéjades,
Tu sauras que c’est là qu’il faut qu’on en termine.
Moietmoi mars 2008