Mais que deviendrons mes crayons,
Mon papier et toutes leurs feuilles,
Quand là-haut chez Amphitryon,
On m’avancera mon fauteuil ?
Qui vous dira que je vous aime,
Quand ayant bu mon dernier vers,
Je n’écrirai plus de poème,
Tout empêché par d’autres vers.
Où iront donc tous mes sonnets,
Quand du haut de mon disque dur,
Ils tomberont de leur sommet,
En perdant pied, de démesure ?
Qui là sur la touche supprime,
Effacera toutes mes strophes,
Sans un seul regret pour mes rimes,
Accentuant ma catastrophe ?
Et où s’envoleront mes cendres,
Toujours gorgées d’alexandrins,
Quand il faudra bien les répandre,
Au grand jardin des malandrins ?
Je ne serai plus qu’un poète,
Au cercle de ceux disparus,
Passé là comme une comète,
Just ’à l’angle de mes deux rues.
novembre 2013