Je fais des poèmes à l’ancienne
Avec des mots et des images,
Dans les tons de terre de Sienne,
Laissant à d’autres les nuages.
Pas trop de chromo dans mes vers
Et pas non plus d’allégorie,
Mes mots coupent comme du verre ;
Du transparent qui excorie !
Certains diront, pas très sublimes
Toutes ces rhapsodies à charge,
Mais moi, c’est bien à coups de rimes,
Que j’égratigne et que j’émarge.
J’ai mis dans mon collimateur,
Tous ceux qui vivent à ses crochets
Tous ces pseudos déclamateurs
Vivant de laid et de hochets.
Ces altérateurs d’Eluard,
Prestidigitateurs de maux,
Jetant au pile un cri d’huard,
Quand n’est en face, pas de mot ;
Ceux qui font croire en un haïku,
Qu’ils ont voulu dire des choses,
Quand péter plus haut que leur cul
N’est que leur don de virtuoses ;
N’est pas Paris de la douleur,
Celui qui n’a pas de talent ;
Peindre l’amour, sans la couleur,
N’est réservé qu’à l’excellent !
Conscient de mon inaptitude
A voir des anges dans mes strophes,
J’ai bien réduit mon altitude,
Pour éviter la catastrophe.
J’ai donc posé ma poésie,
À son niveau, celui de l’eau ;
Laissant à d’autres l’hérésie
De s’annoncer poètereaux.
Et si demain, d’anthologie,
Pas un de mes dits n’est prescrit
Je n’en n’aurai aucune algie,
Tant ce n’étaient là que des cris !
mars 2013