Ils n’ont de la vraie vie, jamais respiré l’air,
N’ayant que théorie et acquis de bouquins ;
Du monde du travail, n’ayant pas vu derrière,
Ils n’en ont la notion, que de leur palanquin.
Des chantiers, des usines, ils n’ont vu ni la boue,
Ni les fumées jaunâtres ; et de leurs bruits de chaines,
Ils n’en connaissent pas le moindre petit bout,
Croyant que de dimanche est bâtie la semaine.
Pour eux, les travailleurs, avant tout, électeurs,
Ne sont rien que des mains, qu’on vient serrer parfois,
Quand on a bien besoin d’augmenter son compteur.
Et ce sont ces gens-là, sur de la rhétorique
Et sur des compétences de livres d’autrefois,
Qui veulent du marché, en régler la musique ;
Quand c’est vrai que des nombres, ils n’ont jamais vu l’ombre !
Décembre 2013