Moi, je photographie le monde,
Aux techniques de l’argentique,
Grattant des doigts, dans cette ronde,
Tous les bémols de la musique.
Ma poésie est à l’ancienne,
Toujours tirée en noir et blanc,
Sans ruse métaphysicienne
Et sans l’ombre d’un faux-semblant.
Elle parle du quotidien,
De joie, d’amour, de mort, de vie,
Mais sans ce talent rimbaldien,
Qui en poésie fait envie.
Elle a les sons de ces trouvères,
Qui des châteaux et leurs murailles,
Racontaient, en disant des vers,
Ce qu’il y a dans leurs entrailles.
Elle se veut analogique,
Écrite aux jeux de la lumière,
Ne voulant pas au numérique,
Lui en contester ses frontières.
Ce n’est que mot sur du papier,
Sans la moindre forfanterie,
En quatre rimes et douze pieds,
A faire en sorte que l’on rit,
Et une fois, de temps en temps,
D’un beau cliché, plein de passion,
Qu’on puisse évoquer le printemps,
Aux sons des pleurs de l’émotion.
Et vous là, qui dans des phonèmes,
Cherchez le graal, en poésie,
Souffrez que moi, de mes poèmes,
En vous en laissant, l’ambroisie,
Je me contente que d’écrire,
À l’encre de l’humilité,
Rien que ce qui me fait plaisir,
Au cours de l’actualité …
décembre 2013