La feuille que je suis, à l’aube de l’automne,
Sait bien que mon Viel arbre a déjà programmé,
L’instant où il faudra, pour parfaire la donne,
Cesser de conjuguer, au temps futur, aimer.
Déjà ma couleur verte, aux brumes matinales,
A pris les reflets roux, marquant la fin d’été,
Annonçant là partout, aussi bien qu’au journal,
Que je ne serai plus, tout ce que j’ai été.
Je vois autour de moi, s’envoler mes voisines,
Décrochées de leurs branches, aux premiers coups de vent,
Pour retrouver au sol leur dernière cassine ;
Et j’attends là mon tour, priant que mon pétiole,
Ait toujours la vigueur de la journée d’avant,
Ne voulant pas sitôt, danser la carmagnole,
Tant mon dernier opus, a sa fin en humus…
juin 2014