J’ai trop les pieds sur terre et bien trop de raison,
Pour qu’on trouve à mes vers le talent des poètes,
Comme si on devait, penser que des saisons,
L’hiver, de sa rigueur, n’a pas droit à la fête.
De ne pas voir le bleu qui embellit l’orange,
De ne pas peindre en vert, de la vie, ses silences,
Du monde, en renier, la bonté de ses anges,
Mettent-ils mes poèmes, au ban d’incohérence ?
Faut-il qu’avec les mots, en en gommant le sens
Et en les remplaçant, dans notre dictionnaire,
Rien que par des images, au jeu de l’immanence,
On ouvre le verrou de notre imaginaire ?
Faut-il pour être chantre, un bâton de Scytale ?
Faire tourner nos lais, à coups de cryptogramme
Et coder nos sonnets, pour que dans du Crystal,
On flaire dans sa boule, où il y a de l’âme.
Ne voir la poésie, que dans l’allégorie,
Faire du japonais de mots que l’on connait
Et de son inculture, en faire l’aporie,
Faisant croire aux nippons, qu’en fait, on déconnait.
A moins de s’appeler, Eluard ou Prévert,
Ou d’avoir le talent de Verlaine ou Rimbaud,
Je crois que le poème a besoin que ses vers
Expriment quelque chose et ne soient pas que beaux.
Il ne faut pas rimer que pour quelques Pierrots,
Prenant la poésie, comme on prend des otages,
Se prenant pour l’élite, à laisser le métro,
Qu’à ceux dont le bagage a trop peur du voyage.
C’est en véhiculant, des mots que l’on comprend,
Qu’on fera revenir, les amoureux des fables,
Qu’on leur redonnera, ce bonheur qui surprend
Et qui transmet l’envie de s’asseoir à la table …
Mai 2014