J’ai dû sécher les cours d’amour
A la maternelle des ailes;
Je ne sais rien de la marelle,
Ni des comptines de la cour.
Je n’ai découvert la grammaire,
Qu’à travers de mauvais sujets
Et quelques compléments d’objets,
En ne lisant que le sommaire.
J’ai assassiné l’orthographe
Aux règles de ces faux accords
Préférant voir de jolis corps
Et leurs dentelles qu’on dégrafe.
Quant aux temps de conjugaison,
Je n’ai appris que le présent,
Laissant aux abonnés absents
Tous les modes d'autres saisons.
Il n’y a peut-être qu’en math,
Où à ne vouloir que compter,
J’ai survolé la volupté
Avec des yeux de phallocrate ;
Et de l’art et de son histoire,
Je n’ai jamais rien retenu,
Si ce ne sont que quelques nus
Qui m’enchantaient venus le soir.
Pas mieux pour la géographie
Où je savais presque par cœur
Où se situait le bonheur,
Chez Anaïs ou bien Sophie.
Quant aux TP des cours de science,
Je n’étais pas intéressé,
N’ayant envie de rêvasser,
Rien qu’à mes propres expériences.
Il n’y a qu’en récitation
Où je pouvais, pendant des heures
Me retrouver dans le dormeur,
Tant c’était ma récréation,
Un peu comme en littérature,
Où au doux parfum de Stendhal,
En rouge et noir et sans morale,
J’ai bien pris goût aux aventures.
J’ai pourtant pour ma vielle école,
Quand même un peu de nostalgie
De m’avoir appris la magie
De la vie et ses cabrioles.
Novembre 2012