Va, poète maudit, jette tous tes crayons,
Referme tes cahiers et récuse tes muses,
Tu peux sur ta portée, négliger l’anacruse,
Tes notes n’ont plus d’herbe accrochée de haillons.
Tu peux sur ton vélin adoucir ton venin
Et monter aux sommets tous tes plus beaux sonnets,
Tu peux sur le papier, à l’or de tes genets,
Faire voir les alpages, en vrais vers léonins,
Les mots et les images ont fini leur voyage,
Le lai semble aujourd’hui devenu indigeste
Et les alexandrins paraissent d’un autre âge ;
La poésie s’en va sur sa pointe des pieds,
Chassée de tous les arts par des chansons sans geste ;
Les violons de Verlaine ont de quoi être inquiets,
Leurs cordes auront besoin de ta miséricorde !
juin 2012