Pendant qu’on licencie et pendant que certains
Crèvent encore de faim, vivant dans des cartons ;
Pendant qu’on nous étrangle, aux sons de mirliton,
En nous mettant demain, à des jours incertains,
Pendant que tout s’en va, nulle part à vau-l’eau,
Préparant un futur, d’orage et de tempête ;
Pendant que le pouvoir, toujours plus centripète
Gaspille à tour de bras le blé de nos silos,
Pendant qu’on scie les branches, où nichent nos vertus
Et qu’on tue les oiseaux, pour dérober leurs nids,
Dirigeant le pays, comme un triste impromptu,
On nous peint nos journées, au badigeon du leurre,
Agitant les chiffons éculés d’un zanni,
Qui si on s’était tu, n’était qu’un gribouilleur,
Nous cachant la lagune, en nous montrant la lune !
janvier 2014