Ils voulaient des couleurs,
Nous imposer les leurs,
Convaincus que le gris
Nous rendait tous aigris ;
Ils préféraient le rouge,
Disant qu’au moins ça bouge
Et que le bleu du ciel,
Faisait artificiel.
D’autres, souhaitaient le vert,
Et le chantaient en vers,
Quand certains pour un noir,
Se morfondaient d’espoir
Et ceux qui du violet,
En jetaient les filets,
S’en voulaient d’être blancs,
Tout en faisant semblant.
Etaient aussi les jaunes,
Cette drôle de faune,
Qui voyaient tout en brun,
Dans ce pays d’embruns,
Pour qui les aquilains,
Se voulaient des vilains,
En lançant du carmin,
Tout au long du chemin.
Ils traitaient de prolos
Ceux aux yeux menthe à l’eau
Et de face de rat,
Ceux aux nez nacarat
Qui un moment ont cru
Dans cette teinte écrue,
voir un beau magenta
Quand ce n'était qu'un tas.
Vous voyez, pas de don,
Au temps du céladon,
Contester le cinabre
Valait un coup de sabre,
De ceux pour qui l’ego
Ressortait indigo,
Tant ils croyaient au mauve,
Dans ce monde de fauve.
Et moi qui en pastel,
Rêvait que d’hirondelles,
J’ai d’un peu d’opalin,
Peint deux ou trois câlins
Et d’un ventre de biche,
Avant que l’on s’en fiche,
J’ai d’un passe velours
Colorié mon amour.
Des goûts et des couleurs,
C’est comme pour les fleurs,
C’est la diversité
Qui les fait contraster
Et leurs plus belles stances,
S’écrivent en tolérance,
Dans le référentiel,
De nos beaux arcs en ciel.
Moietmoi novembre 2011