Je n’ai plus que des souvenirs
De ce qu’était la liberté,
Je l’ai vue-là, se racornir,
Au paravent d’égalité.
A coups de règle et d’évangile,
De braves gens, croyant bien faire,
Ont mis l’étiquette « fragile »,
Voyant un peu partout l’enfer.
Jetant, sur tout, leur anathème,
Abrités sous des parapluies,
Ils ont censuré les poèmes,
Dès qu’ils parlaient un peu de nuit.
D’autres voulant juste leur nom
Gravé aux tables de la loi,
Ont fait retentir le canon,
Pour supprimer nos derniers droits.
Sous couvert de sécurité,
Ils ont posé plein de barrières,
Se mettant en conformité,
Pour bien préserver leur derrière ;
Voyant bien qu’il était plus dur
De vouloir être pédagogue,
Ils ont élevé de hauts murs,
Pour y écrire leurs décalogues.
Et à coups de prohibition,
De sens interdits, de feux rouges,
De toute la circulation,
Ils ont fait que plus rien ne bouge ;
Même demain là, sur la toile,
Nos bien-pensants, auréolés,
Iront chercher, dans nos étoiles,
Comment pouvoir les contrôler.
De notre interdit d’interdire,
Qui se chantait des barricades,
La liberté, de mal en pire,
N’est aujourd’hui, que mascarade…
mai 2013