Si j’étais né aux Tarterêts
En banlieue là-bas à Corbeille,
Aurai-je le même intérêt ?
Est-ce que tout serait pareil ?
Prisonnier d’un quartier pourri,
Sans perspective pour demain,
Pousserai-je assez de grands cris,
Pour qu’on me tende un peu la main ?
Si je n’avais pas tout ce temps,
A perdre vraiment sans raison,
Aurai-je besoin d’un printemps,
Plutôt qu’une autre des saisons ?
Si je savais gagner mon pain,
Autrement qu’en vendant du leurre,
Aurai-je d’autres bons copains,
Que ces saloparts de dealeurs ?
Et si j’avais vu mes parents,
Se lever pour aller bosser,
Serai-je plus persévérant,
Pour essayer de m’exhausser ?
Et j’aimerais, aussi savoir,
Si m’appelant Bachir Mansour,
Il me faudrait toujours avoir,
Sur moi, ma carte de séjour ?
C’est vrai que ce n’est pas aisé
Entre policiers et mollahs,
De ne pas se faire baiser,
Dans ces putains de favelas ,
Où pour un Zidane , un Debbouze,
On est toujours quelques millions,
A patauger dans cette bouse,
Où ne poussent que trublions.
Mais moi qui suis né à Neuilly,
J’ai un peu de mal à comprendre,
Comment dans ce si beau pays,
On peut à ce point se méprendre,
A laisser habiter la foudre,
A côté de ces cages à poudre !
juillet 2013