Ils n’avaient pas compris la mutation du monde,
N’ayant pas vu l’automne, effacer leur été,
Tandis que sur les fils s’assemblent les arondes,
Ils se croyaient toujours, ce qu’ils avaient été.
Ils se pensaient les fils de la sidérurgie,
Des héritiers du fer et de leur belle usine,
Sans voir que la finance, sans la moindre élégie
Les avait condamnés au statut de castine.
Couleurs, fondeurs, pocheurs, postés de père en fils,
Convaincus que la vie, n’était qu’un haut fourneau,
Ils ne comprennent pas que demain sur l’esquisse,
Leurs fours soient remplacés que par des sapineaux.
Ils ne pensaient jamais qu’on puisse les chiner
Rien que pour les fermer, rayer un concurrent
De ce fameux marché pour demain remporter
En produits dérivés, les effets du warrant.
Jamais imaginé que ce rusé d’indien,
Au jeu de l’éléphant des iles Caïmans
Ait dans la porcelaine acquit le nœud freudien,
Il leur a juste mis, et bien profondément !
Alors quand à Gandrange, on demande le change,
Croyant aux feux des pneus en défaire le nœud,
C’est comme discuter là du sexe des anges,
Le monde d’aujourd’hui semble si vénéneux.
février 2012