J’ai trop écrit,
Trop déliré,
Pour que mes cris
M’aient inspiré ;
J’ai mis des mots,
En chapelets,
Fortissimo,
Sans grand reflet.
J’ai du papier,
Noirci des vers
Comptés en pieds,
Fait mon envers.
J’ai de trois muses,
Pris leur histoire,
Pour que j’amuse,
Leur auditoire.
J’ai mis des rimes
A mes poèmes,
Que pour la frime,
En anathème.
J’ai l’overdose
D’alexandrins,
Voilà la cause
De mon chagrin.
Quant aux sonnets,
J’en ai rempli
Tant de carnets,
Jusqu’à l’oubli
Que mon stylo,
On racontait,
Plus qu’au kilo
Ne les comptait .
De tas de strophes,
J’ai fait du laid,
En catastrophe,
De vers de lai ;
Quant aux césures,
En hémistiches,
J’ai de censure,
Joué la triche.
D’enjambements
Et de rejets,
Honteusement,
J’ai fait l’effet ;
Et de quintils
Isométriques,
Pas très subtils,
J’ai fait la nique.
Alors, poète ?
Non pas vraiment,
J’ai bien en tête,
Que le mot ment !
mars 2013