J’ai préféré faire une pause,
Sur mon chemin de poésie,
Avant que par manque de pose,
Je tombe dans l’apostasie.
A toujours vouloir me souffler,
Des galbes à caresser en vers,
Ma muse à trop m’écornifler,
Me faisait voir tout à l’envers.
M’illuminant souvent des mots
Et me faisant briller leurs rimes,
Elle ne voyait plus les maux,
Qui préfigurent la déprime,
M’obligeant à foncer des strophes,
En me noyant d’inspiration,
Elle me donnait l’intuition,
D’aller droit à la catastrophe.
J’ai donc dû la remercier,
En l’envoyant là chez les autres,
Leur inspirer les patenôtres
Que je ne sais plus apprécier.
Finie, pour moi la prosodie,
Que j’ai remplacée par la prose,
Afin de connaitre autre chose,
Que tous ces lais mille fois dits.
Révolu le temps des poèmes,
Exit tous ces arbres fourchus,
Je sais qu’aujourd’hui est fichu
Ce moyen de dire je t’aime.
Et à tous ces pierrots lunaires,
Juchés sur leurs tapis volants,
A croire qu’ils ont le talent
D’Eluard ou de Baudelaire,
Je les laisse à leurs illusions,
A se battre à grands coups de plume,
Attendant qu’à titre posthume,
Ils aient au métro leur station.
Moi je descends de leur nuage,
Je m’arrache de cette toile,
Où le cerveau dans les étoiles,
On rêve qu’on est en voyage,
Alors qu’on a ses godillots,
A moitié enfuis dans la fange
Et qu’on cherche à donner le change,
A coup d’alexandrins idiots.
Je veux trouver d’autres artistes
Que tous ces paumés de poètes
Ne sachant plus faire la fête
Et nous rendant tous biens trop tristes,
Quand je croyais la poésie,
N’être que joie et fantaisie,
J’ai découvert que tous ses vers,
N’étaient qu’un insensé travers,
Me redonnant déjà l’envie,
D’en rebadigeonner ma vie,
Putain de muse,
Qui s’en amuse !
décembre 2013