Irai je aussi au paradis ?
Moi qui ne suis pas bon chrétien,
Qui ne fais jamais ce qu’il dit
Et qui fais mien, ce qui est tien.
Est-ce qu’on veut là-haut de moi,
Qui ne vais jamais à la messe ;
A dès le deux ,des fins de mois,
En ne vivant que de promesses.
Me voudra-t-on au Walhalla,
Quand je me moque des usages,
Des principes et des tralalas,
Dégauchissant tant de corps sages.
Et là-bas dans l’Eldorado ,
M’ouvrira-t-on toutes ses portes?
Moi qui jamais, au bas d'un dos,
N’hésitais à prêter main-forte.
Aurai-je droit au grand pardon,
Qu’on donne aux brebis égarées,
Quand j’ai là sous tant d’édredons,
Aimer, du plaisir, m’emparer.
Comment me jugera le Pierre,
Soutiendra-t-il mon admission,
Ou me jettera-t-il la pierre
Des repentis sans compassion ?
Du grand jardin, suis-je tricard,
Pour n’avoir pas dans leurs paters,
Cru dans leurs jeux, pas même un quart,
Disant que l’enfer est sur terre.
Alors espérer l’Elysée,
Sans un brin de normalité,
Mieux vaut ne pas trop y penser,
On ne va pas m’habiliter.
Moi qui n’aie donc que peu de chance,
Qu’on m’accueille avec les houris,
C’est ici-bas, de jouissance,
Qu’en éjaculations, je prie.
Mordant l’api, je dis tant pis !
août 2012