Mon usine, au bout de la ville,
Pleine de fumées et de bruits,
N’avait pas grand-chose d’une ile,
A part l’amer des jours de pluie ;
Ses murs noircis de briques brunes,
Son toit de scie tout édentée,
En ne faisant jamais la une,
Ne pouvait que vous attrister.
Sa cheminée de brouillard jaune,
Sa pointeuse et tous ses barreaux
Nous disaient bien ce qu’en vaut l’aune
Et que rien là n’était de trop !
Et sa sirène des trois huit,
Qui de tous ces fantômes bleus
Rythmait les jours et leurs conduites,
Nous rendait tous pourtant heureux.
Mon usine au bout de la rue,
Pour des combats de chasse aux riches,
Du paysage a disparu,
Ne laissant là que champs de friches ;
Plus de fumée et plus de bruit,
Que des fantômes pleins de bleus,
Que des jours qui ressemblent aux nuits
Et larme et regret dans nos yeux…
Mon usine au fond de mon cœur,
Demain transformée en musée,
En parc à thème ou à voleurs,
M’a laissé là désabusé,
Montrant bien chez nos gouvernants,
La triste marque du ponant !
décembre 2012