Photo: google/images/mots au fil de l'eau
Mes mots s’en vont à la dérive,
Me laissant là, seul sur mon île
A regarder ce qui m’arrive,
Au petit jeu du face ou pile.
Flottants aux vagues du non-sens,
Pris aux courants des alizées,
Ils prennent le cap de l’offense,
A défaut de poétiser.
Ils flottent sur des métaphores,
Aux arguties de fleurs de sel,
Se prenant pour des sémaphores
D’éjaculations de missel.
Ils colorient la mer en gris,
Jetant leurs bleus sur les brisants,
Pour montrer leurs côtés aigris
De vers amers trop maldisants.
Ils ont même de nos sirènes,
Répondu à leurs chants perdus,
En s’associant dans quelques thrènes,
Pour des péchés de capendus.
Et quand fatigués de croiser
Au large de mes sentiments,
Ils ont voulu tous pavoiser,
Je suis resté sans argument.
De concetto en concerto,
J’ai décidé de jeter l’encre,
Pour que jamais en ex-voto,
Ils ne me laissent là à l’ancre !
moietmoi juin 2011