Quand à chaque heure, là-bas, ma sœur, de faim, se meurt,
Comment est-il possible, en nos greniers garnis,
De ternir le soleil, de nos accès d’humeur,
Et de nos différences, en faire le déni ?
Quand à quelque fillette, encore dans nos villes,
On excise les chairs au nom de traditions
De gens d’un autre temps, sans que nul ne dessille,
Comment ne pas hurler, devant cette abjection ?
Quand par-là, en orient, on voile la beauté
Dans des cages de bure, en mentant que c’est Dieu
Qui l’aurait exigé, pour ne pas nous tenter !
Et quand, dans ces pays, où ne croit que de l’herbe,
On bâtit son confort qu’en éteignant des yeux,
Comment trouver ce monde, encore si superbe,
Sans doter mon stylo de tant de trémolos !
septembre 2012