Tu dis, et sous la lune, aux sons de sa chandelle
Tu prêtes sous sa plume, aux mains d’ivre Pierrot
Et tu t’envoles et cries, dans un bruissement d’ailes,
Au sein de feuilles blanches en points de cicéro.
Tu bâtis des maisons aux escaliers de pierre
Où le rez de chaussée ne fait que démontrer,
Alors que tes étages, aux façades de vers
Sont de si beaux chemins, là pour nous rencontrer.
Dans des caves trop noires, en pleins et déliés,
Tu allumes les feux de la lucidité
A ce monde sans sens d’éperdus à lier,
Voyant dans la lexie de la validité.
Tu peins en rose et gris le plus beau de la vie,
Tu maquilles et tu nies l’air de nos sentiments,
Tu t’habilles de vert pour montrer nos envies
Et tu taches de larmes un moment où je mens.
Tu donnes à nos poètes un peu de ton levain,
Tu fournis aux menteurs le grain de leur opprobre,
De toute cette scène où tu es pain et vin,
Tu joues à l’Arlequin qui remporte le robre.
Tu sais être magique autant que terrifiant,
Tu diriges l’amour et fais crier la haine
Et quand dans un sonnet, usant de stupéfiants,
Tu dis n’importe quoi, tu as mauvaise haleine !
Je t’aime et te déteste au long de quelques verbes,
Je t’adore au crayon d’Aragon ou Zhimo,
Je te hais au stylo de quelques folles herbes,
Mais que serions-nous là sans vous, les maux des mots.
Moietmoi décembre 2011