Photo : herve.delboy.perso.sfr.fr/
Tu m’as dit que mes mots sonnaient à l’imparfait,
Qu’ils ne parlaient de rien de ce qui était fait,
Qu’ils n’évoquaient non plus, ni le temps disparu,
Ni futur ni présent, ni même l’encouru.
Tu as ri de mes vers, les trouvant trop passés,
Disant qu’ils commençaient à vraiment t’agacer,
Qu’ils avaient du poème, au niveau du frisson,
Juste la construction, sans avoir la chanson.
Tu as fait de mes rimes, un sujet à déprime,
Traitant que d’assonance et de dédit infime
Mes plus belles harmonies et mes plus beaux échos,
Mettant ma poésie presque au bord du K.O.
Tu as montré du doigt toutes mes métaphores,
Plaisantant qu’il fallait leur trouver du renfort
Tant elles n’exprimaient que des clichés usés
D’allégories vieillies d’aèdes désabusés.
Et de ma prosodie, je sais ce que tu dis,
Qu’elle a le goût amer de l’eau qui a tiédie ;
Ce à quoi je réponds, qu’en haut de l’Hélicon,
Il y a des poètes et aussi des faucons !
Moietmoi juin 2010