En l’an deux mille cent vingt-trois,
Quand ne restera des poètes,
Pas même un sonnet dans les têtes,
Ce monde semblera si froid !
Quand plus personne de Verlaine,
Ne se souviendra de sa chatte,
N’ayant des vers que des stigmates,
A voir aux rimes que rengaines ;
Et quand chacun, de Baudelaire,
Aura du mal, fané les fleurs,
En s’imaginant le bonheur,
Dans des images lacunaires.
Quand là sur le val du dormeur,
Aux alexandrins de Rimbaud,
On aura fermé le tombeau,
Sous tous ces sots, de leurs clameurs.
Quand même demain, nos petits,
Devant leurs prismes de cristal,
De leurs comptines si vitales,
Auront perdu tout appétit.
Et quand bientôt, même les mots,
Devenus sources de conflits,
Ne seront plus les stimuli,
Qui nous guérissaient de nos maux,
Quand dans ce monde, sans poète,
Où la nature dégradée,
Les aura tous acagnardés,
Ils n’auront plus jamais de fête
Car ce n’est que par le poème
Qu’on voit le plus beau de la vie,
Qu’on sent nos joies et nos envies
Et qu’on ressent tout ce qu’on aime !
octobre 2012